Halloween, c'est nul, c'est commercial!

Publié le par La Liseuse

 



Halloween, en Europe?
J'aime pas.

Je l'ai célébrée sous de plus beaux automnes, au Québec.

Quand les feuilles rougissent et que les premiers froids s'installent, les enfants ont de nouveaux
nez, de nouvelles oreilles, des bouches tordues, de mignons costumes d'éléphant ou de tigre. On sort les citrouilles, c'est dans quel sens déjà, le sourire? Les doigts sont couverts de bouillie orange. On lui fait une tête marrante ou horrible? Les magasins ne sont plus que barbouillages pour visage, doigts de sorcière, toiles d'araignée, cerceuils miniatures et bonbons. Ha, les bonbons, partout, roses, verts, mauves, oranges, des citrouilles acidulées, des squelettes fluos, des mini-snickers et des vers gluants.

Les parents se gavent de ces douceurs crasseuses en négligeant leur taux de glycémie, faudrait en profiter avant de tout distribuer et de
toute façon, demain ils devront parcourir la ville entière, sous 0°, des écharpes plein la figure et ce, pendant TOUTE la soirée. Ils attendront patiemment les enfants au bord du trottoir, un pied tape le sol, puis l'autre, émerveillés par cette audace, cette indépendance toute récente "Madame, on veut des bonbons!", le ton est affirmé, ce sera une poignée de cochonneries sucrées ou la réputation d' "égoïste petite vieille" pour le restant des jours.

Après, il faudra séparer les bonbons "corrects" des bonbons "potentiellement dangereux". Ceux qui sont emballés et ceux qui sont négligemment déposés dans les sacs, sans plastique. Ceux qui pourraient être avalés d'une traite et ceux qui dureront l'année. Ceux qui font briller les yeux des parents et ceux pour lesquels un enfant serait prêt à négocier six mois de corvées ménagères. Et puis, vient l'instant fatidique: l'engloutissage.

L'énergie monte, les joues rosissent, les enfants galopent dans la maison, "regarde, j'ai trois sacs de jujubes!". Les chaussettes glissent sur le parquet, le super film d'Halloween n'intéresse plus personne, ha si, peut-être le père, "marre d'être resté debout à filer des chocolats à des inconnus". Les gamins réclament "Scream", Maman gronde, c'est pas de leur âge, il faudra encore attendre quelques années. Le niveau de sucre baisse dans le sang, la fatigue écrase les paupières frétillantes des petits. Un curieux sursaut d'éveil, aux alentours du coucher.

Puis, le calme. Là-haut, dans leur chambre, ils rêvent d'une lave de chocolat, de fontaines de sucre, c'est mieux que chez Willy Wonka, et les parents respirent. Ils ont leur petite réserve, en haut de l'armoire du salon. Leur complicité est attendrissante. Plus que dix ans et le programme changera.

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