J'vais te breler, tu vas voir!

Publié le par La Liseuse

Ne me quitte pas. Je te laisserai marcher sur ma vie.

Empiéter mes mots, délaisser mon corps.

Et je ramperai sans savoir pourquoi, car après tout,

Tu ne me mérites pas.

 

A chacun sa vision.

Une connaissance m'a dit: "Tu sais, dans un couple, les torts, c'est 50-50". Rien qu'à l'écrire, j'en ai la nausée. Un couple. Ha! Ha... Ha! Peut-on savoir pourquoi cet adage semble convenir à tout le monde... Sauf à chacun d'entre nous? Comme dirait l'autre "Si je peux me permettre, je suis un peu de l'avis de tout le monde!" Et puis, voyez-vous, il m'emmerde, cet adage!

Fifty-fifty, donc? Toujours? Quand on retrouve du rouge à lèvres sur la chemise de Môsieur? Quand Mâdâme se lance comme une furie sur des gâteaux pour combler un vide affectif? Quand Mâdâme baise avec Môsieur pour son portefeuille? Ou quand Môsieur délaisse les chiourmes de Mâdâme pour le Saint-Foot?

Fifty-fifty? Youpie tralala et mes fesses congelées en fishsticks, ouais!

Et si l'on se disait que... Pour une fois, une seule, on dressait une liste? De nos torts, des nos défauts, de nos rencards loupés, des erreurs, les vraies (se curer le nez au feu rouge: rejeté) Et des centaines de questions qui resteront sans réponse (faute d'une psychanalyse, Freud, coucouche-panier).  

Elles sont là, toutes ces interrogations:

Ne cherchons-nous pas parfois à créer la rupture? La peur de regretter un geste irréparable, ai-je foncé tête baissée dans le camion-poubelles, ou c'est une simple idée? Ai-je oublié en chemin celle que j'étais? Serai-je encore capable d'accorder ma confiance? Ai-je omis d'éteindre le  feu en moi, parce que "ça aurait mieux valu"? N'ai-je pas aimé bien plus que je n'aurais du? N'ai-je pas donné plus que ma générosité ne l'autorisait? C'est comment, encore, embrasser? 

Consumée par les deux bouts, je me reconstruis à l'abri des regards. Ne pas s'apitoyer, sourire, brandir une arme: l'humour. Sauf que voilà: 1/2 moi. Je ne parle pas d'une moité de responsabilités. Je me sens comme Docteur Denfer. Je crois avoir perdu mon intégrité. Une demie-moi, étendue sur le carrelage, le coeur qui bat trop fort, qui voudrait le calmer et vomir sa colère. Une demie-moi, oui.

Faire comme si tout allait bien. Puis, écouter Chopin et pleurer en solitaire. Manger une pomme et laisser sa saveur éclater dans ma bouche. Retrouver des caresses interdites. Lire, tout, rien, les petites annonces, il était temps, retrouver Bobin et me dire qu'il a raison:

 

"Ce toucher des mots, cette irradiation de la voix qui dans l'âme engourdie du lecteur détectent des nappes d'eau vive, des sources de feu: les vrais écrivains sont des sourciers. Des guérisseurs."

 

Haïr d'abord.

Comprendre.

Oublier.

Renaître.

Et enfin guérir.

A 100%.

Commenter cet article