J'veux pas dire, mais ça craint.

Publié le par La Liseuse

Qu’avez-vous à dire ?

Oui, face au monde, qu’avez-vous à dire ?

Qui êtes-vous ?

Avons-nous une utilité quelconque, fut-elle un jour, de pousser la bonne porte, au bon moment, d’ouvrir la bonne fenêtre, qui empêcherait l’ouragan de s’abattre, sur un pays ou sur une vie ?

Parce qu’à vous entendre, non. Accueillir le savoir en se taisant. Moutons paisibles et consentants. Naïfs. Idiots.  

Qui décide de l’autorité d’une voix ? D’une nation par rapport à une autre ? D’un homme sur une femme ? D’un mot prononcé trop haut, qui blesse les entrailles, remue les corps et défonce les oubliettes que l’on avait pourtant si bien cloîtrées ? De l’utilité d’un concept ?  

A force d’entendre le prêche enseignant, de me prendre pour Hamlet ou Goethe, de transgresser des épreuves douloureuses avec des personnages fictifs, de boire des paroles inertes, posées sans vie sur le tableau d’un amphi, je me demande à quoi bon. Il n’y a plus de sens, dans ces phrases dépourvues d’énergie, délivrées avec une quasi-douleur ; assis là, à gigoter sur leurs fesses bientôt plates à force d’être compressées par des années de sermons universitaires, je n’entends que le crime des motivations et des illusions trop longtemps bercées sortir de ces bouches violentées par l’enseignement qu’elles véhiculent.

La connaissance, ha elle est belle, la connaissance, elle est lourde, la connaissance. Elle en écrase leurs épaules et envahit leurs neurones, la connaissance. Elle gonfle l’orgueil mais ne détient au final nul secret. Libre à tous de l’acquérir. Je suis d’accord avec vous. Sacrifices et exigences, qu’elle demande, la connaissance.

Mais ce que je lui demande, moi, à cette fichue connaissance, c’est d’être enthousiaste. D’être portée par sa beauté même. D’être en vie. D’être communiquée avec grandeur. D'être réglo, donnée à heure et à temps. D'avoir une utilité, une vraie. De constituer nos cultures, d'avoir sa place dans nos expériences, d'être appropriée. D'être transmise et pas monnayée constamment. Et puis de nous parler de nous, un peu...

 

Serait-ce trop ? 

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