La Consolante d'Anna Gavalda

Publié le par La Liseuse

 



C’est à se demander qui, de l’ami retrouvé, de la ferme immense sans confort (mais avec une cuisinière de luxe!), de la femme sans maquillage, de la belle-fille si attachante, de l’anorak des seventies, des enfants sans parents, du chien qui protège, des bouteilles d’alcool, de la mémoire effarouchée, qui est finalement la consolante de ce roman ?

 

Ha, elle est belle la littérature pour sensibles d’Anna Gavalda. Elle sait y faire, la rosse!  Ensemble c’est tout m’avait marquée par une envie d’encore. La Consolante m’a laissée perplexe. Chaque page tournée suscitait l’envie d’une bonne cuite et d’une cigarette fumée à grandes goulées à ma fenêtre.

 

Balanda, c’est le mec de la midlife. Cinquante ans, l’amour qui s’effiloche, la famille qui survit, les amis qui ne sont plus. C’est un homme qui se rappelle, qui ne vit plus que dans le souvenir d’une femme, d’une deuxième maman, plus saoule et plus folle que la sienne, pour laquelle il nourrira un amour trop oedipien pour être oublié. Et quand elle vient à mourir, elle qui s’était tant effacée, revient à la surface de l’existence fragile de Balanda.  

 

Pour les luttes, il faudra revenir, elles ne sont plus d’actualité. Un peu comme si les personnages baissaient les bras et laissaient les évènements venir à eux. J’ai pensé à la belle anorexique de Ensemble c’est tout, évidemment. Sauf que… Bien sûr, ils sont attachants, bien sûr les dialogues ont cet humour si particulier, si gavaldien, bien sûr, le sentimentalisme nous ferait bien prendre congé pour le restant de la semaine. Mais c’est pareil avec la confiture. Moins on en a, plus on l’étale… L’inspiration est un rien éteinte, dommage, alors Gavalda tartine.

 

Entre deux passages à vide, le temps effiloche le destin des protagonistes, jusqu’à les rendre plus sereins. Le récit est hachuré, au rythme des chemins parcourus. Peu de pronoms, on épargne une répétition qui acculerait le narrateur. Le style n’a, malheureusement, pas de style. Une vie remise en question, une vie triste, une vie à refaire. Une vie refaite.

 

En prenant son ordinateur dans son cartable, vit que Claire avait essayé de l'appeler plusieurs fois. Grimaça.
Se fit un café et s'installa dans la cuisine.
Au bout de quelques clics, le localisa. Vertige.
Dix chiffres.
Dix chiffres seulement les séparaient alors qu'il avait mis tant d'âpreté, et de jours, et de nuits, à élargir le gouffre.
Que la vie était facétieuse... dix chiffres pour une tonalité. Et décrocher.
Ou raccrocher.

 

Du Gavalda à moindre effet, mais du Gavalda quand même !

 


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