Lorie, va bouffer ton cuir!

Publié le par La Liseuse

Dans la vie d'une femme, il existe de grands moments de solitude. Comme un rendez-vous manqué, par exemple.

Hier soir, alors que je m'apprêtais pour un délicieux moment, il a décommandé.

"Urgence professionnelle".

Etait-ce la pire ou la meilleure excuse jamais entendue?

Je n'en sais encore rien.

Une seule chose est sûre: j'ai mordu sur ma chique.

Et malgré toute mon appréhension, je me suis présentée à cette soirée.

Au milieu des couples et des familles, j'ai compris un élément essentiel:

Je suis SEULE.

Pour autant, j'ai aimé ma virée nocturne. J'ai observé à la dérobée des manies que je n'aurais jamais osé détailler auparavant. Et j'ai ri des habitudes que prennent les couples avec les années. Les regards en coin sur les autres femmes, la langueur d'un sourire à un homme, les mains déplacées, les murmures à l'oreille, les reproches sans paroles. Est-ce dont cela qui nous attend? Devenir des amants lassés? Se rassurer d'une oeillade alors que l'on sait parfaitement que l'on se couchera dans le même lit plus tard dans la nuit? Offrir un verre plein de sous-entendus sans oser exprimer son désir?

Devant ce spectacle (moins riche que celui auquel je me rendais réellement, cela dit), j'ai pensé:

"N'avons-nous pas, après tout, toujours envie de plus?"

Est-il possible de se contenter d'une seule personne dans notre vie?

Ou n'est-ce qu'une apparence? Attendons-nous de l'autre qu'ils soit toujours disponible, toujours présent, toujours parfait? Ou acceptons-nous la différence et les écarts, tout cela parce qu'il faut "avancer avec son temps"? Est-ce qu'aimer devient un challenge? Tu regardes ses fesses, ok, mais moi, je te saute de toute façon ce soir...  D'où vient le problème de ma génération?

Le problème, peut-être, viendrait du mythe d'Androgyne. Oui. Nous ne sommes que des moitiés. Nous cherchons, tout le temps, à nous compléter. Être célibataire peut se résumer à afficher un besoin de reconstruction après des épreuves douloureuses, à vivre sans ce ou cette compagne pour jeter dans nos reins une indicible envie de faire l'amour. Nous croyons pouvoir nous réaliser sans l'autre, aussi pluriel soit-il. En réalité, nous sommes tous des putains.  Prêts à changer, à s'habiller différemment, à dormir sans ronfler, à oublier que nous sommes unique. Nous n'avons besoin de cette union que pour y croire, encore. Que des corps peuvent s'accorder et vibrer à l'unisson. Que des mains peuvent caresser et faire jouir, que des mots peuvent être échangés et créer des sensations, que parler peut nous faire avancer, à deux.

 

J'y crois. Je suis seule, mais j'y crois...

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