The day Japan still stood.

Publié le par La Liseuse

Cela fait un moment déjà que je n’ai plus rien posté.

Evidemment, je pourrais servir des dizaines d’excuses.

Pas le temps, trop de travail, trop de pensées nocives et encombrantes.

Mais voilà. Ce serait trop facile.

Et puis hier matin, un bouleversement, voir mon père pleurer par amour, vieillir, des larmes belles comme un souvenir d’enfance.

Et un autre, celui qui est arrivé à des milliers de kilomètres d’ici, au Japon. Dans les mémoires, le 11 mars, jour où la terre a tremblé si fort que les murs craignent encore le souffle du dragon. Magnitude 8,9. Poséidon dans son ironique magnificence a fait hurler la mer.   

Des gens sans électricité, leur foyer déchiqueté, certains amis ou proches disparus et mon cœur qui chavire avec eux, qui se laisse emporter avec ces flots, qui ne comprend pas ce message de la Terre, la Nature, force violente et magistrale, force destructrice, face à laquelle nous ne sommes que de vulgaires humains, incapables de gérer cette puissance.

Evidemment, cela m’a fait penser à l’amour. L’Amour, plus exactement. Celui qui nous relie avec une faculté extraordinaire aux gens que l’on aime réellement, de cette tendresse qui ne laisse aucun doute, aucun soupçon, aucune incertitude. Je me suis dit « Et si ? » Devant un malheur de si grande ampleur, suis-je donc égoïste ? Car, premier réflexe, n’ai-je pas pensé « Et si ? » … « Et si cela m’arrivait ? »  Comment réagirais-je ? Qui aiderais-je ? A qui est-ce que je tendrais la main, pour hisser son corps en sécurité contre moi ?  

Alors j’ai réalisé. Non, ce n’est pas de l’égocentrisme. Je tenterais de sauver chaque regard croisé; c’est de la compassion. J’essaie de me mettre à la place de « l’autre » pour essayer de ressentir, de vivre, à sa place, ce moment douloureux, et je n’y parviens pas car c’est, avant tout, une épreuve que je n’ose pas imaginer. En réalité, nous avons peur. Tous. Nous n’avons même pas la capacité de nous figurer ces instants tels que ces personnes les ont vécus vendredi. Cela nous terrorise. C’est comme perdre un être cher. A moins de l'avoir vécu, on croit pouvoir se faire une idée. Mais cette idée est bien futile; elle n'est rien face à la vérité.

Aujourd’hui, nous nous tracassons pour la viande qu’il y aura dans notre assiette au souper, pour les vêtements que nous porterons demain, pour le parfum qui accompagnera nos mouvements, pour le superficiel des choses. Eux se soucient de l’eau potable qu’ils parviendront à trouver. Des médicaments qui les aideront à calmer la souffrance. Des enfants orphelins. Des gens ensevelis; ils espèrent sortir des décombres des corps qui leur parleront de vie, de pouls, de respiration. D’une couverture à partager avec un parent.

Etrange dignité qu’est la leur. Mais qui sommes-nous pour juger une nation en deuil, nous qui avons un toit sur la tête et tant de sourires à partager ?      

Douce journée à vous.

Et envoyez votre cœur quelques instants, à des milliers de kilomètres, réchauffer celui d’un autre. Soupirez. Vous êtes vivants, dans un confort.  Peut-être relatif. Mais quand même...  

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