Un matin. Lui.

Publié le par La Liseuse

Faire l’amour toute la nuit et entendre, au petit matin, alors que tes yeux s’entrouvrent à peine, les oiseaux siffler, honneur d’une aube chaude que ta peau illumine.  

A quand cela remonte-t-il ? Qui étais-tu?

Quels souvenirs peuvent encore me hanter ?

Comment savoir, qui appeler, que demander ?

J’expose mon corps, sur la terrasse, j’allonge mes jambes et j’attends que le café se dévide, que l’aigreur légère de l’expresso dérange mon estomac. Les vapeurs ondulent tout autour de mes RayBan. Peut-on croire au bonheur, un dimanche, alors que le temps s’est arrêté et que plus rien, sinon Massive Attack, n’a de sens ?  

Je laisse mes oreilles vibrer aux sons des couverts qui s’entrechoquent, des phrases dont je ne saisis pas tout, mes voisins sont discrets, un peu trop polis. Je voudrais y foutre un joyeux bordel, m’incruster dans leur conversation, embrasser les joues encore râpeuses des hommes et passer mes doigts dans les cheveux emmêlés de leurs femmes, le matin est flatteur, petits coquins. Leurs haleines se mélangent-elles ou sont-ils d’abord passés sous la douche ?

Le vent s’infiltre sous mes vêtements, caresse ingénue, unique, têtue.

Est-il utile de manger après un café ? Attendre.

Etendre le Monoï, emplir mes narines de l’odeur des fleurs de Tiaré, faire glisser mes pieds l’un contre l’autre, mes paumes contre mes coudes, mon ventre brille au soleil. Je serais jolie, si un homme me regardait, là, maintenant.

Bonjour, Tristesse. Sagan t’a déjà écrite. Je la plagie. Tout à l’heure, j’irai cueillir des marguerites et je les sèmerai partout sur le carrelage, je mangerai une pomme, chaque morsure contre un souvenir.

A bientôt, chagrin.

Dans quelques semaines, le croiser sur un banc, à l’aéroport ou dans une bibliothèque et l’aimer.  

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