Virtual Insanity

Publié le par La Liseuse

Cordialement.

C’est joli, hein.

Sauf à la dernière ligne d’un e-mail envoyé par «LE» potentiel.

Evidemment, j’ai d’abord pensé à une réponse dodue.

Avec des rondeurs partout pour adoucir mon fond de pensée.

Sauf que je n’ai rien écrit.

Frustration intrinsèque; je m’en viens ici pour déverser mon fiel.

Car j’ai pensé, après tout, même lorsque l’on se connaît IRL, nous ne manquons jamais de déraper.

A quoi jouons-nous?

Manipulation, tentatives freinées (ou pas), délices inavoués de l’écriture, le monde virtuel est à nous.

Qui sera le plus doué dans la compensation fictive?

Car c’est bien de cela qu’il s’agit: de masturbation factice, au détour d‘un clic.

Nous vivons dans un monde où la séduction n’a d’égal que sa dérive illusoire: être un, une autre.

Le temps d’un message, nous n’appartenons plus à ce monde qui nous limite.

Nous avons tous les droits: accepter, obéir, refuser, déguiser la vérité, nuancer des propos acerbes.

Tout ça parce que, face à un écran, le courage nous est soudainement moins indispensable que dans la frustrante routine. 

Tout à coup, nous ne sommes plus physiquement restreints. Rougir n’est plus un problème, sentir la sueur ne dérange que nous, être désavantagé se résout. Nous inventons de nouveaux concepts: nous, améliorés, retapés, en forme même si une grippe nous terrasse, fermes alors que nos caractères tendent plus à la mièvrerie, dominateurs quand hausser la voix nous est inenvisageable, sensibles et nus, même engoncés dans une combi après-ski « qui-tient-trop-au-chaud », artistes sans talent, médecin qui ne supporte pas la vue du sang, ou, tout simplement, intéressants malgré une timidité et/ou une bêtise toute naturelle.

 

Nous mentons.

A nous-mêmes avant tout. Nous n’assumons plus ce que nous sommes. Qui viendra vous juger, si ce n’est avant tout … Vous?

Et tout ça pour quoi?

Un coup? Deux?

Un shoot d’adrénaline déchargé par nos propres mains?

La vulgarité n’a qu’un seul équivalent: la banalité.

 

Soyons nous.

Point à la ligne.

Et sachons nous affronter en face-à-face avant de nous insurger contre le manque d'originalité de notre quotidien. 

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